Toute communication entre 2 personnes comprend 2 aspect : le contenu, et la relation.

Le contenu, c’est le sens « objectif » des informations qui sont échangées. Par exemple, lors de la transmission de consignes par un manager à un membre de son équipe, ce sont les consignes elles-mêmes. Quand Jean-Pierre transmet à Paul la dernière note de direction, le contenu c’est la note elle-même, ainsi que les sens « objectif » des commentaires de Jean-Pierre.

Relation (Droit d'auteur: freehandz / 123RF Banque d'images)

La relation, elle, c’est la qualité du lien entre les 2 interlocuteurs. Ils s’apprécient, ou au contraire sont indifférents ou se détestent. A moins que l’un ait de la colère contre l’autre, ou de la jalousie. Ou au contraire qu’il veuille le faire progresser, ou autre chose encore. Ainsi, Jean-Pierre peut ignorer complètement Paul en lui laissant la note de consignes sur son bureau en son absence. Ou au contraire aller le voir pour la lui remettre en mains propres, et la commenter avec un ton chaleureux. Ou encore convoquer Paul dans son bureau pour lui remettre la note en lui rappelant sur un ton menaçant de l’appliquer scrupuleusement.

Il est évident que les messages transmis à Paul dans chacun de ces 3 cas sont complètement différents, et que leurs effets diffèrent aussi du tout au tout, selon le contexte et ce qui se passe réellement entre Jean-Pierre et Paul. Le contenu, lui, la note de direction, n’a pas changé.

On voit bien que dans la communication entre Jean-Pierre et Paul, l’aspect le plus important ça n’est pas le contenu, mais bien la relation. Or c’est souvent l’aspect le plus mal négocié.

Pas forcément volontairement, d’ailleurs. Un manager stressé pourra facilement se montrer maladroit tout en communiquant – objectivement – le contenu de manière irréprochable. Pourtant l’effet de sa communication pourra être catastrophique.

Au contraire, la transmission imparfaite du contenu n’aura pas de conséquence grave si la relation est bonne et permet les ajustements ultérieurs avec facilité.

Il est important que les managers fassent attention à l’aspect de la relation, quand ils communiquent avec leurs pairs ou avec leurs collaborateurs. Combien de mains serrées sans un regard pour celui auquel on serre la main ? Sans même parfois interrompre la conversation avec un collègue ? Combien de consignes données négligemment ? Enfin… négligemment à l’égard de la personne à laquelle on les transmet ! Et combien d’échanges où le manager n’imagine pas une seconde l’effet que son attitude produit sur son collaborateur ?

J’ai souvent entendu dire, à titre d’explication, que oui, c’est regrettable, « mais qu’on est débordés », « on ne peut pas faire attention à tout », et « après tout les gens devraient le savoir »… Et bien non, ils ne le savent pas, et le sauraient-ils que l’effet serait le même, car l’aspect de la relation s’adresse non pas à notre raison, mais à nos affects.

Et il y a beaucoup plus de temps et d’argent perdu à cause des mauvaises relations qu’à cause du temps passé à faire attention à ses collègues de travail.

Faut-il rappeler le coût de l’absentéisme, celui de la passivité, et celui de démissions ? Et rappeler que l’effet de l’argent, sous forme de primes ou d’augmentations, ne dure en moyenne pas plus de 3 mois ?

Alors cultivons l’aspect de la relation, nous avons tout à y gagner. Pour nous-mêmes, et pour nos collaborateurs.

 

 

 

 

 

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